Un service complémentaire en Ouganda

Finance Trust Bank est une banque de microfinance ougandaise partenaire d’Oikocredit, qui permet aux femmes d'accéder aux services financiers. Elle a été fondée en 1984 par un groupe de femmes qui avaient compris que c’était le manque d’accès à des services financiers qui occasionnait le préjudice économique des femmes en Ouganda. Nous avons interviewé la directrice générale de cette banque, Annet Makawunde Mulindwa

Pourriez-vous me donner un exemple de produit financier que vous avez créé à partir de rien ?

L'exemple qui me vient à l'esprit est le compte épargne « Mama safe ». Le produit est né de la volonté d’aider les femmes à surmonter les difficultés auxquelles elles doivent faire face. Se pose notamment en Ouganda la question importante de la santé, car une femme a besoin d'un endroit sûr pour accoucher.

Alors, nous avons développé un produit qui combine épargne, crédit et assurance santé. L’assurance santé coûte environ 150 $ US par an ; ce montant est payé directement aux compagnies d’assurance en un versement unique. Or, nous avons remarqué que beaucoup de femmes ne pouvaient pas payer tout en une fois. C’est pourquoi nous avons développé un prêt de 150 $ US, pour que les femmes puissent payer l’assurance, et ensuite rembourser le montant petit à petit au cours d’un semestre ou d’une année complète. » 

Vous avez aussi des produits d'épargne spécifiques pour les jeunes filles. Pourquoi est-ce un produit important ?

En Ouganda, le taux de grossesse chez les jeunes filles est élevé, tout comme le taux de violence sexuelle. Les filles quittent aussi très souvent l'école sans qualifications. Et il n'est pas rare qu'elles soient mariées à 12 ans et aient un enfant à 14.

Alors, nous avons mis en place un produit spécifique pour les jeunes filles, pour les aider à se préparer à faire face aux difficultés qu'elles vont devoir affronter. Notre clientèle compte 5 000 jeunes filles âgées de 10 à 18 ans. Pour elles, nous avons installé dans nos filiales un guichet spécial avec un marche-pied afin qu’elles soient à la même hauteur que le personnel qui les reçoit.

Nous n’accordons pas de prêts à ces jeunes filles, nous leur fournissons seulement des comptes d'épargne. Nous leur apprenons aussi les bases de la gestion de leurs finances, nous les sensibilisons aux questions de santé et nous leurs expliquons comment devenir entrepreneur. Nous essayons aussi de les réunir une fois par an pour une conférence.