Interview de Kawien Ziedses des Plantes

Directrice Performance Sociale et Renforcement des Capacités


24 août 2017

A l'occasion de la publication du « Rapport de performance sociale et environnementale 2016 » d’Oikocredit, Kawien Ziedses des Plantes, directrice adjointe en charge des performances sociales et du renforcement des capacités, nous explique la stratégie d’Oikocredit dans ce domaine.


Pourquoi est-il important pour Oikocredit de publier un rapport sur sa performance sociale et environnementale ?

Oikocredit a été créée par le Conseil œcuménique des Eglises sous la forme d'une coopérative d'investissement à mission sociale dans le but de permettre aux organisations et aux particuliers d'investir leur argent dans un objectif de contribution au développement. En tant qu'investisseur social, notre travail est guidé par le principe de l'autonomisation des populations et des communautés à faible revenu ainsi que par le respect des ressources de la planète. Nous nous devons de surveiller notre propre performance sociale et environnementale ainsi que celle de nos partenaires. En mesurant la qualité des réponses que nos partenaires apportent aux besoins de leurs clients ou à l'enjeu de la durabilité environnementale, nous pouvons améliorer ce qui doit l'être et en rendre compte à nos membres et aux bénéficiaires finaux, comme par exemple les micro, petites et moyennes entreprises et les petits agriculteurs qui ont souscrit un emprunt. Nos évaluations actuelles montrent que la bonne application des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) par nos partenaires du portefeuille « Finance inclusive » est particulièrement bénéfique en termes de retombées pour leurs clients. Par ailleurs, le portefeuille « Production et services » obtient une bonne note sur l'environnement.

Qu'y-a-t-il de nouveau et de différent dans le « Rapport de performance sociale et environnementale » de cette année ?

Le rapport de cette année est légèrement plus long et il est plus détaillé que celui des années précédentes. Il couvre plus largement l’impact de notre travail sur les clients de nos partenaires ; il présente des données sur le succès auprès des femmes vivant en milieu rural de nos partenaires « services financiers » ainsi que l'analyse des tendances à plus long terme. En outre, avec deux nouveaux indicateurs, le rapport donne plus de détails sur notre travail en matière de durabilité environnementale et rend compte de la façon dont notre mission est liée aux Objectifs de Développement Durable fixés par les Nations Unies (ODD).

Qu’est-ce que les "mesures d’impact" ? Pourquoi Oikocredit les met-elle en lumière ?

En fait, les mesures d’impact évaluent les changements dans la vie des gens au fil du temps. L'autonomisation des individus dans les communautés à faible revenu est à la fois l'objectif et le test ultime de notre travail. Nous affinons les mesures d’impact en posant des questions telles que « Que se passe-t-il dans la vie des clients ? » , « L'inclusion financière change-t-elle la donne ? ». Notre action pour le renforcement des capacités de nos partenaires en matière de mesures d’impact leur permet de s'appuyer sur la connaissance des besoins de leurs clients pour opérer des choix d'innovation et commerciaux éclairés. Cela nous permet également de mener une recherche longitudinale approfondie basée sur des données qui ont été collectées au fil des années. Notre programme mondial de mesures d’impact a été lancé en 2014 avec des partenaires en Asie, nous l'avons depuis élargi à l'Amérique latine.

Comment Oikocredit répond-elle au défi du changement climatique ?

Le portefeuille d'Oikocredit en matière d'énergies renouvelables augmente rapidement, favorisant ainsi l'inclusion énergétique et contribuant à la transition vers la consommation d’énergie à faible émission de carbone, nécessaire pour éviter une catastrophe climatique. Nous avons commencé à évaluer les projets d'énergies renouvelables en fonction du nombre de ménages qui ont désormais accès à l'énergie propre et du nombre de tonnes d'émission de CO2 évitées. Parallèlement, et de plus en plus, les bureaux d'Oikocredit évaluent et font état de leur empreinte carbone. D'autres collègues tiennent compte maintenant des émissions de carbone dans leurs décisions de voyage, tant pour les déplacements quotidiens (réduction des déplacements en voiture, par exemple) que pour des trajets professionnels plus longs.

Comment évolue la relation entre Oikocredit et ses partenaires ?

De bonnes relations avec les partenaires sont essentielles à l'efficacité d'Oikocredit et cela commence par la sélection de partenaires qui partagent les mêmes idées. Nous définissons notre engagement à long terme envers nos partenaires comme du « financement + du développement » et nous nous employons à renforcer leurs capacités dans des domaines tels que le leadership organisationnel, la gestion (financière, des risques, de données et des performances sociales et environnementales), le marketing et les techniques agricoles. Nous demandons chaque année à nos partenaires quels objectifs de développement ils se sont fixé et nous travaillons avec eux à la mesure de leurs performances et l'amélioration de leurs résultats. Tous les deux ans, nous réalisons et publions une étude de satisfaction de nos partenaires.

Pourquoi Oikocredit établit-elle de nouveaux partenariats avec des donateurs institutionnels ?

Le travail à long terme pour soutenir et renforcer les communautés à faible revenu nécessite une approche stratégique multipartite. Il n'existe pas de moyens rapides ou simples pour atteindre des objectifs de développement durable ou pour lutter contre le changement climatique. Nous avons besoin d'innovation et de persévérance. En nous associant à plus de donateurs institutionnels partenaires, nous pouvons recueillir davantage de fonds et toutes les parties prenantes peuvent bénéficier des connaissances et de l'expertise partagées.

Lisez notre « Rapport de performance sociale et environnementale 2016 »