Interview de David ten Kroode

Nous avons demandé à David ten Kroode, directeur du département des énergies renouvelables, pourquoi le secteur des énergies renouvelables correspond bien aux objectifs d'Oikocredit.

Oikocredit est une coopérative. Ses membres partagent-ils votre enthousiasme pour la diversification envers les énergies renouvelables ?

Le premier moteur de nos investissements dans les énergies renouvelables reste la réduction des émissions à effet de serre provoquées par les centrales électriques à énergie fossile, afin de lutter contre le réchauffement climatique.

Ajoutez à cela l’atout social que représentent la création d’emplois, l’amélioration des infrastructures en électricité pour les communautés à faibles revenus et un meilleur accès à l’électricité. Les bienfaits sociaux et environnementaux des énergies renouvelables correspondent exactement à ce que nous souhaitons dans le cadre de notre mission, ainsi qu’à notre approche pour la planète, pour ses habitants et pour l’économie. C’est un bilan positif en 3 volets.

Un secteur en particulier a-t-il votre faveur ? Le solaire, par exemple ? Si oui, pour quelles raisons ?

En règle générale, nous nous limiterons aux technologies déjà testées et approuvées. Notre portefeuille regroupera donc des projets solaires, éoliens et hydroélectriques, ainsi que quelques programmes de valorisation de la biomasse. Les nouvelles technologies, telles que les algocarburants (biocarburants tirés des algues) ou l’énergie marémotrice sont aussi prometteuses mais nous ne les incluons pas pour le moment.

Ma préférence personnelle va au solaire, au photovoltaïque pour être précis. Le solaire est en effet très sûr, demande peu d’entretien et peut faire l’objet de très petites installations (telle une lampe solaire à 5 dollars) comme de très grandes « fermes solaires » qui coûtent des dizaines de millions de dollars.

Le solaire a l’avantage de ne pas présenter certaines des répercussions environnementales et sociales négatives d’autres technologies.

Les éoliennes, par exemple, sont très volumineuses et peuvent déranger la migration des oiseaux. Les centrales hydroélectriques installées sur un cours d’eau peuvent perturber l’irrigation des exploitations agricoles en aval. 

Allez-vous concentrer vos efforts sur une région spécifique pour commencer ?

Pour l’instant, notre attention se porte sur l’Amérique latine, principalement parce que nous y conjuguons une forte activité du marché des énergies renouvelables (éolien, solaire et hydraulique – à petite échelle) et la capacité d’Oikocredit sur ce continent à déceler des possibilités d’investissement dans ce secteur afin de les concrétiser.

C’est aussi en Amérique latine que nous avons pu conclure notre premier contrat d'énergie renouvelable, pour une centrale hydroélectrique au Pérou.

Prochaines étapes : étudier les projets d’installations, autonomes ou reliées au réseau, utilisant l’énergie solaire et la biomasse dans d’autres régions. 

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